Le panel consommateur

 

 Le “big data” remplacera-t-il les panels ?

Audrey Crespo-Mara, la talentueuse journaliste française a répondu à cette question dans son article “Décrypter les comportements d’achat des ménages”.

“Si internet a révolutionné les méthodologies d’études en permettant un lien plus rapide et plus facile avec les consommateurs, il ne s’agit certainement là que d’une toute première étape dans l’apport d’internet au monde des études de marché et à la connaissance du comportement des consommateurs : une nouvelle révolution est en marche…

Avec internet, on est, en effet, entré dans l’ère de ce que certains appellent le “big data”, qui pourrait être traduit de l’anglais par “beaucoup de données”.

Cela correspond plus précisément à la “quantité exponentielle d’informations qui sont générées par les multiples systèmes informatiques du XXIe siècle”.

L’augmentation considérable des capacités de stockage des données numériques et la généralisation de l’utilisation d’internet permettant de capter et de croiser des données en provenance de sources internes et externes aux sociétés, y compris des données en provenance des services publics et des réseaux sociaux.

Dans les entreprises, le “big data” est né à la fois de la multiplicité de données liées à l’activité de l’entreprise (ventes, achats, coûts, …), et à la quantité croissante d’informations générées par les différents canaux qui relient l’entreprise à ses clients, ses partenaires, et ses fournisseurs.

Plusieurs aspects du phénomène “big data”, méritent considération, car ils peuvent paraître redondants avec les données issues d’un panel de consommateurs.

En effet, une proportion importante de ces “grandes données” concerne les individus : chacun d’entre nous, laisse un très grand nombre d’informations dans son sillage, qui peuvent être conservées et qui fournissent une mine d’indications sur nos comportements.

Ces données peuvent être fournies soient consciemment (on répond à un questionnaire ou on complète une fiche de renseignements demandé par un fournisseur de services), soit de manière “semi-consciente” (lorsqu’on achète un produit ou qu’on s’abonne à un service, on suppose sans formellement en donner l’accord, que le détaillant / distributeur gardera une trace de l’achat), soit encore de manière inconsciente, car on est suivi à la trace dans ses déambulations sur internet ; c’est ce que l’on appelle le “tracking”…

Ainsi, en multipliant toutes les occasions (celles où on règle une facture ou celles où on visite des sites internet), on comprend vite que l’on a déjà beaucoup d’informations sur le consommateur, beaucoup plus qu’on ne l’imaginait et que beaucoup d’autres pourraient prochainement être disponibles (il ne faut pas oublier, par exemple, que chaque téléphone mobile contient une puce GPS qui permet donc de géolocaliser l’internaute en temps réel et de suivre tous ces déplacements) : “Big brother is watching you”, selon la célèbre citation issue du livre d’anticipation, 1984, de Georges Orwell.

 

Que fait “big brother” de ces informations ?

Pour l’instant, la manière dont les entreprises, les collectivités locales, les services publics les utilisent, est assez classique et plutôt limitée.

Audrey Crespo-Mara, pense que ces informations servent à connaître les profils de clients, à faire des analyses sectorielles et géographiques, à mesurer les variations saisonnières, à établir le ratio entre nombres de clics / visites, et nombre de commandes, et ainsi de suite (tout ce qui permet à une entreprise, un service ou un organisme de suivre son activité, de connaître ses clients, et d’anticiper le futur sur la base du passé)”.